LONSORAEFI

J-10 et J-11 

Jours de pluie et de transfert entre Akureyri et Egilsstadir.

J-12

Après deux jours à écouter la pluie tomber sur le toit de ma tente et profiter des nuits festives d’Egillstadir à la mi-septembre ( …) , me voici d’attaque pour le Lonsoraefi. Mais je dois d’abord rallier Stafafell.

Je me plante au bord de la N1 sous un petit crachin pour stopper vers le sud. Assez pessimiste sur mes chances de rallier Stafafell rapidement. Mais après une petite heure d’attente, je suis pris par un couple de néo-zélandais très sympa qui me déposent à destination.

 Me voici devant le Lonsoraefi : ce lieu me fait rêver depuis que j’ai entrevu quelques images sur le net et le blog de Bigfoot. Un mélange de montagnes , des couleurs colorées du Landmannalaugar et de glaciers!

La vallée de la Jokulsa i Loni :

la rivière Jökulsa i Loni près de Stafafell en Islande

Je m’élève doucement au dessus de Stafafell, mon sac, avec ma semaine de vivres et tout le matériel photo, pèse pas mal. Je n’ai pas de parcours précis pour cette semaine de rando, commencer par rejoindre le plateau puis randonner en étoile dans les alentours. J’espère vivement voir des rennes!

arbuste près de Stafafell en Islande

près de Stafafell en Islande

En préparant l’itinéraire , j’ai retenu qu’il fallait rester le plus possible le long de la rivière en rive gauche. Je délaisse donc une joli piste qui serpente entre deux collines et attaque les pentes près des rives.

Grave erreur!

Je me retrouve sur des pentes très fortes et très meubles en surplomb direct de la tumultueuse Jokulsa. Le sol se dérobe sur mes pas et m’oblige à reprendre de la hauteur à chaque pas pour rester à niveau ( et accessoirement ne pas tomber à l’eau ). Je passe mais j’ai quelques sueurs froides. Le vent commence aussi à forcir et me déstabilise pas mal.

Je rejoins la plaine alluviale. Pour le coup, le vent est maintenant vraiment puissant et bien entendu face à moi.

Ce passage n’est vraiment pas agréable , je me perds souvent en voulant suivre des sentes qui ne mènent nulle part.

bouleau nain en aval réserve naturelle de Lónsöræfi

Je passe dans une petite forêt de bouleau nain : magnifique à l’automne , l’écorce blanche crayonné de noir et les feuilles virants au jaune. Mais c’est une forêt de liliputiens!!! ( plutot d’elfes ou de farfadets d’ailleurs) : 1 m de haut , maximum 1 m 50.

Avec mes 1m80 et mon barda , c’est assez casse-dos d’évoluer baissé dans ces bois.

Bouleau nain dans le lonsoraefi en Islande

Je rejoins tout de même la passerelle qui marque la porte d’entrée de la vallée et la je reste béat : elle bouge la passerelle… et même pas mal !

Le vent s’engouffre dans ce verrou puissance mach 12 et ma passerelle ondule tel un reptile! Je mets bien 10 minutes avant de me lancer .

Durant la traversée , je me tiens à la main courante et je m’accroupi dès qu’il y a des rafales : assez flippant.

De l’autre coté , je suis vanné…Il commence à être tard  mais le vent est vraiment très fort pour tenter de planter la tente en sécurité.

Je me dirige donc vers le refuge d’Eskifell. Il est assez différent des autres que l’on peut retrouver dans les hautes-terres. Une grande baie vitrée , pas de sas d’entrée.

Apparemment, il est géré par la ferme/auberge de jeunesse de Stafafell. A l’intérieur, le bruit du vent est démultiplié par le tuyau du poêle qui fait un boucan d’enfer… enfin je suis tout de même abrité ce qui n’est pas du luxe ce soir…

J-13

Nuit de sommeil plutôt agitée …

Au réveil ,le vent n’a pas baissé et des arbres sont tombés sur le refuge ( heureusement ils ne sont pas bien gros en Islande!).

Je prends la route de Mulaskali par le sentier balisé. Balisé c’est un grand mot , j’hésite souvent mais finalement je trouve ma route.

Je croise des cygnes prés d’un lac et quelques moutons pas encore rapatriés par leurs éleveurs.

Plus je me dirige vers l’amont en surplomb de la vallée, plus le vent est fort.

Ce bruit constant dans mes oreilles commence à me rendre fou et ma progression est vraiment difficile , chaque pas commencent à me coûter.

Je suis épuisé, l’impression d’avoir usé plus d’énergie en deux jours que les deux semaines précédentes!

L’idée commence à germer de faire demi-tour et malheureusement , elle ne me quittera pas .

paysage de la réserve naturelle de Lónsöræfi en Islande

J’aurais à peine entrevu les gorges de la Jokulsa, je pars en sens inverse, mon nouvel objectif : rentrer sur la route N1 le plus rapidement possible (avant la nuit!) pour stopper vers l’ouest et Höfn.

Vallée de la Jökulsa i Loni dans la réserve naturelle de Lónsöræfi

Avec le vent dans le dos ,cela va beaucoup plus vite!

Je prends quelques photos sur la retour:  ici la confluence de la Skyndidalsa et de la Jokulsa i Loni
rivière en tresse dans le lonsoraefi en Islande

Cette fois , j’emprunte la bonne piste! Au bout de quelques heures de marche rapide, j’aperçois la route .

paysage de plaine en islandeA l’horizon:  la montagne de Klifatindur , bien connu pour être un spot archi -photographié sur sa face ouest.

Les islandais surnomment cette montagne « the bat » ( la chauve souris).

tour-islande-automne-42

Stop  aux abords de Statafell, mi-septembre vers 18h : c’est pas gagné ! Mais ici au moins le vent s’est quasiment arrêté : impressionnant la différence avec la vallée!

Je suis finalement pris par un couple de retraité islandais vraiment charmant, qui rentrent de leur jardin .

Nous discutons de l’Islande, des rennes, de la France : un moment court mais très sympa!

Dépose à Höfn au camping où j’ai la bonne surprise de voir qu’il est encore ouvert alors que mes informations du web le décrivaient fermé.

Pas grand monde sur le camping, je suis quasiment le seul campeur!

Ballade le soir dans le village et joli coucher de soleil sur les langues glacières du Vatnajokull.

coucher de soleil sur la côte sud d'islande depuis Höfn

KLUKKUGIL

J-14

Réveil sous le soleil, pas de vent : la journée s’annonce parfaite. Je continue ma progression vers l’ouest .

Prochain arrêt : les gorges de Klukkugil. Selon la légende, un  troll nommé Kluk aurait élu domicile dans ce canyon. Allons voir s’il y dort encore!

Tout d’abord stop le long de la route : à peine le doigt levé , je suis pris par deux américaines, trajet sympa en écoutant Ratatat et en discutant de tout et de rien.

Je leur demande de me déposer avant Steinnafjall et prends la direction de mon canyon. Dès que j’arrive , je sens que ça va être pas mal. Je remonte la rivière vers l’amont.

montagne avec neige en Islande

Une petite sente longe la rivière, je pensais avoir à déchausser mais non, tout se fait à sec.

tour-islande-automne-54

Paysage un brin désertique dans le lit de la Dalsa à sec, ça doit pousser par hautes eaux.
arbres sans feuilles en Islande

Quelques détails du sol :

détails du sol islandais

tour-islande-automne-46

Je traverse ensuite une petite forêt où j’ai du mal à trouver mon chemin, le franchissement est toujours aussi difficile dans ses bosquets d’arbres nains.

 Le haut du canyon : très belle endroit ,  à 2 km de la N1!

Initialement,  je voulais rejoindre le fond de vallée pour bivouaquer mais l’endroit me plait tellement que je décide de poser ma tente la .

randonneur en Islande avec sac à dos

J’espérais avoir de belles lumières en soirée mais malheureusement la brume se lève et je ne vois rapidement plus rien.

Je me couche donc tôt et un peu déçu…

J-15

Le lendemain , je me réveille tôt, bien motivé pour aller prendre quelques photos mais je suis complètement dans la brume : une vrai purée de pois , on ne voit pas à 5 m.

Je pars tout de même me balader  et je fais bien,  le voile se lève rapidement dévoilant enfin le canyon à mes yeux:

paysage de la vallée de Klukkugil , cote sud de l'Islande

paysage de la vallée de Klukkugil , cote sud de l'Islande

paysage de la vallée de Klukkugil , cote sud de l'Islande

Je prends ensuite mon petit déjeuner, en profitant de mon coin de paradis .

 le « kaikai » caractéristique d’un  renard polaire se fait entendre tout proche ,mais je n’arrive pas à le localiser.
paysage de la vallée de Klukkugil , cote sud de l'Islande

Le temps se gâte un peu et très vite , la canyon est à nouveau bouché. J’hésite à rester mais je suis un peu las de passer mes journées à attendre dans ma tente. Je me décide à rejoindre Skatafell, au moins je pourrais boire une bière et faire un peu la conversation!

Retour à la N°1 en début d’après midi.

Stop difficile vers le Jokulsarlon.

Je passe un moment à regarder les glaçons au bord du lac puis pars avec un couple de belges vers Skaftafell.

La suite : ici