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L’île de Skye en automne : bothies, bord de mer et tourbières

flou de bougé en photographie ecosse

L’idée d’un voyage sur l’île de Skye en automne trottait dans ma tête depuis quelques années. Les souvenirs d’un long mois passé en Ecosse dix ans auparavant et la possibilité d’un trajet entièrement en train et bus m’ont convaincu de profiter de quelques jours disponibles pour rejoindre l’île des brumes.

C’est la première fois que je réalise un voyage en train au long cours. Le temps file doucement et il est très agréable de se laisser bercer au gré des gares et des correspondances pour voir finalement l’Ecosse se dessiner: lectures, podcasts, siestes, aller voir le quai 9 3-4 à King’s cross, regarder Arte ( les grands mythes vikings ), dévorer un scone au petit matin à Inverness et compter les cerfs jusqu’à Kyle of Lochalsh ( une dizaine si si! ).

Petit plaisir de partir de la gare de Brioude à 6h du matin, voir les trains se remplir vers Paris puis Londres puis se vider doucement à partir d’Inverness. A l’arrivée, nous ne sommes plus que 3 à sortir du train.

Un seul petit bémol: si vous empruntez le train de nuit Caledonian Sleeper, pensez à prendre une couchette, ça vaut le coup 🙂

Pour une fois, la préparation de ce voyage fut succincte : j’ai repéré au préalable les 3 uniques bothies de Skye. L’idée est de les rejoindre au gré des envies et de la météo pour vadrouiller en étoile à partir de ces derniers.

Mais qu’est-ce donc que ces fameux « bothies »? C’est un peu l’équivalent de nos refuges de montagne à la différence qu’on les retrouve partout, qu’ils sont gratuits et libres d’accès, à usage de petits groupes ou de randonneurs solitaires, pour des séjours courts. Ils sont très hétéroclites : burons, anciennes maisons remaniées , cabanes,…c’est toujours une surprise !

Si vous voulez plus d’infos , je vous conseille le site de l’association Mountain Bothies

Une des envies de ce voyage était aussi de réaliser une série de photos impressionnistes des paysages écossais : s’attacher au mouvement, aux textures et aux couleurs. Vous ne verrez donc pas ou peu de photos « classiques » des endroits rencontrés. La plupart des images réalisées ci-dessous sont le fruit de mouvements de l’appareil photo en pose longue ( ICM )… Bref, des photos floues !

Camasunary bay

Après une nuit à l’auberge de jeunesse de Broadford, je fais du stop pour rejoindre Sligachan. Première étape de ce périple: rejoindre la merveilleuse Camasunary bay (hou hou ♬) . Il pleut et le vent souffle fort, j’emprunte le sentier plein sud sur une quinzaine de kilomètres pour gagner mon « fjord » et son refuge.

La baie, sa maison d’habitation ( à droite ) et le bothy ( à gauche)

Je resterai trois jours et trois nuits à regarder les vagues et les goélands, profitant de quelques rares éclaircies pour explorer les alentours.

Je quitte la baie profitant d’une éclaircie météo avant le déluge annoncé. Nous sommes dimanche et les bus ne circulent pas, je tente donc ma chance en faisant du stop.

Je serai pris par un écossais et son chien border tout deux très gentils. Mais les voyages sont toujours remplis d’aléas: au bout de quelques kilomètres, la roue gauche décide de prendre son envol, posant un problème d’équilibre certain à la voiture. Je finirai le trajet à pied sous la pluie ^^!

Vallée d’Ollisdal

La découverte de la côte ouest de Skye entre Orbost et Glendale reste le souvenir le plus fort de ce voyage. De hautes falaises, des dykes, des cascades qui tombent dans la mer et de nombreuses colonies d’oiseaux nicheuses en été! Ajouter des hardes de cerfs coté terre, vous avez l’Ecosse tout entière sous vos pas. Sous vos pas… et dans vos chaussures! Jamais vu de terrain aussi humide –> prenez des bottes !

Le petit refuge d’Ollisdal est le moins fréquenté de l’île. La lecture du journal de bord recèle quelques pépites des rares visiteurs : arrivée sous le déluge, neige, brouillard paumatoire et flambée salvatrice…car oui on peut faire du feu dans ce refuge, mais comme le seul bois disponible est celui déposé par la marée 2 km plus bas sur la plage, on est économe sur le chauffage.

Falaises à Macareux ↓↓↓

Je m’amuse à « pister » de loin les hardes de cerfs et biches, ce qui n’est pas difficile tant ils sont nombreux.

Péninsule d’Hunish

Après avoir tenté de sécher mes chaussures à l’auberge de jeunesse de Portree, me voici à ma dernière étape de ce voyage : la pointe nord de l’île de Skye : Hunish . Initialement j’avais prévu de dormir à la cabane dite « The Lookout » en haut de la falaise, surplombant la côte . Finalement je poserai la tente sur une superbe prairie rase de bord de mer, merci les moutons, sur un terrain quasi sec.

Cette petite péninsule est un endroit très particulier de l’île de Skye : les reliefs pâturés contrastent avec la côte très découpée. La vue sur les îles de Lewis et Harris est magnifique. Le soir, le vent se lève et j’ai tout loisir de profiter du motif des vagues.

Un compagnon inattendu près de mon bivouac : un phoque se prélasse à marée basse. Il est particulièrement détendu, je peux m’approcher doucement sans le déranger : un très beau moment!

Deux nuits de bivouac face à la mer et voici déjà le temps du retour: rejoindre Uig à pied, attendre le bus et dernière nuit sur l’île à Broadford puis voyage en train marqué des mêmes étapes qu’à l’aller : Kyle of Lochalsh (wagon toujours aussi vide, vu envol d’un Pygargue), Inverness ( emplettes typiquement écossaises : tweed et whisky ), Londres ( fouille intégrale de mon sac et confiscation de mon opinel par la sécurité), Paris, Clermont-Ferrand, Brioude…

…Home sweet Home !

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